Jeudi 15 novembre 2007
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Les jours qui suivirent furent pour moi épouvantables. J’essayais de m’empêcher d’espérer une quelconque réconciliation
mais la douleur était parfois si vive que seul l’espoir de le retrouver parvenait à l’apaiser. Dans mon incertitude, l’habitude de me penser comme partenaire dans un couple était une souffrance
car il était possible que je dusse y mettre un terme. Je passais de la confiance au désespoir, de l’angoisse à l’apaisement, j’arpentais les heures, les jours, j’attendais. Une semaine passa, il
n’avait pas appelé. Le huitième jour, vers midi, le téléphone sonna sans que j’y prêtasse une attention particulière. J’étais en plein désarroi, moralement exsangue. C’était lui. Il avait
réfléchi, il souhaitait la poursuite de notre relation selon les modalités qui me convenaient.
Un an plus tard, Je réagis à son séjour de deux mois à Londres par un passage à l’acte somatique relativement sérieux. Il
avait été question que nous nous y rendions ensemble. Le souvenir des vacances de l’été passé durant lesquelles s’était produite la rupture me hantait. Si bien que je tombai malade. La crainte
d’une réitération possible à Londres de ce qui avait eu lieu l’année précédente à Barcelone à la même époque, provoqua dans mon corps des symptômes dont la gravité m’interdit tout départ. Mon
état de santé ne fut pas pour lui un obstacle. Il partit. Sans doute mon inconscient avait perturbé mon équilibre physiologique de telle sorte que je fusse contraint à annuler mon voyage en
prévoyant comme conséquence l’annulation du sien. C’était sans compter sur ce que je ne peux m’empêcher de nommer l’égoïsme de G. Il partit effectivement pour Londres à la date prévue et y
demeura les deux mois escomptés. Durant son absence, ce que je percevais comme un manque d’amour de sa part renforça paradoxalement mon attachement pour lui. Mes symptômes s’aggravèrent. Il en
eut connaissance, ce qui ne modifia en aucune façon l’organisation de son séjour. A nouveau, je souffris, dans mon corps et dans mon cœur. Mon corps se faisant le miroir de mes déboires
affectifs. Cette fois-ci, ma dépendance amoureuse se signifiait en lui, qui témoignait à quel point il m’était cher/chair.
C’est pour quoi l ‘homme en gris ne m’apprend rien. J’ai abandonné mon travail pour rester auprès de lui, pour le
suivre là où il allait. Parfois il me traite avec dureté, sans égard pour mon amour propre. Sans doute n’ignore t’il pas qu’il n’y a de place en moi que pour l’amour de lui. J’ai essayé de vivre
sans lui. J’ai accepté une séparation de quelques jours seulement par semaine, nos emplois respectifs la nécessitant. Ce fut au-delà de mes forces. Son absence était un pieu fiché dans mes
entrailles. Je perdais vie. Je perdais le sens de tout. Mes repères vacillaient, j’errais dans l’existence. J’ai abandonné mon travail pour rester auprès de lui. Je passe des heures à attendre
son retour. Je suis incapable de faire autre chose que l’attendre. Alors pour occuper l’attente, je dors des heures entières. Du haut de mon sommeil, je veille sur son absence. Je suis un peu
comme le jeune enfant dont les intervalles entre les soins que sa mère lui apporte sont voués au sommeil. Lorsqu’il rentre le soir, tard, il n’y a que deux ou trois heures que je suis réveillé et
pourtant à peine mon corps est-il au contact du sien sous les couvertures, que l’indicible bien être que j’éprouve alors me fait glisser insensiblement dans une douce somnolence. Moi qui, avant
de le rencontrer, étais la proie de l’insomnie, je ne cesse de m’étonner d’une telle propension.
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