Vendredi 16 novembre 2007 5 16 /11 /Nov /2007 11:18
Il me faut retrouver le nœud du lien qui à G. me retient. Non pas ce soir là où son regard sur moi pesa des heures durant. Ces yeux d’un bleu si différent de l’azur du ciel ou du vert de la mer. Il m’avait choisi cette nuit là. Ces yeux m’indisposaient, leur fixité sur moi. Je comprenais qu’ils m’appelaient, que ce qu’il pouvait percevoir de moi dans la demi-lumiére où je m’étais dissimulé le touchait. Moi, c’est l’ami qui l’accompagnait dans cette discothèque au nom mythologique qui avait attiré mon attention. G. ne me concernait que dans la mesure où son regard me gênait. Mais à l’instant où l’image qu’il eut de moi l’attira, l’Autre déjà m’était vital. C’est au-delà de notre rencontre qu’il me faut remonter dans ma mémoire. Cela, la nature de ma relation à l’Autre, exige une prospection non limitée à un faisceau du temps.

         Ma mère a refusé longtemps mon entrée à la maternelle. Elle ne céda que face à la nécessité de faire précéder l’école primaire d’un an minimum de fréquentation du jardin d’enfants. Elle me gardait pour elle, chez nous, dans le chaud et le suave, dans l’odeur familière des gâteaux mangés à peine sortis du four à quatre heures, celle humide, vaporeuse aux accents de lessive distillée par le repassage, celle chimique, détersive de l’eau de javel utilisée généreusement pour aseptiser le linoléum, les toilettes ou la salle de bain. Et   puis son odeur à elle, mélange de poudre de riz, de savon et d’eau de cologne. Elle pensait sans doute que la seule école vraiment maternelle est celle dont la mère est maîtresse. Je passais donc des heures à essayer d’édifier des châteaux forts, des palais, minutieusement, briques de lego après brique, recourant avec une grande joie à tous les éléments fournis par ce jeu de construction afin que mon œuvre soit vraisemblable. Non loin de moi, elle était occupée à coudre, à lire ou à repasser. Souvent, même s’il pleuvait ou s’il faisait froid, elle m’habillait et nous sortions. Le prétexte était de faire des courses, d’acheter deux ou trois bricoles qui manquaient. Mais je savais que pour elle sortir de la maison était une nécessité. Nous marchions main dans la main. Je ne me rappelle plus ce que nous nous disions. Mais nous nous promenions longtemps, au hasard des quartiers traversés et systématiquement nous faisions halte au cimetière, empruntant la deuxième allée à gauche de l’entrée, devant la troisième tombe à l’extrémité de cette même allée. Là reposaient sa mère et le frère de sa mère. De lui, je n’ai rien gardé en mémoire. D’une part parce que je ne l’ai pas connu, d’autre part parce que ma mère ne l’évoquait que très peu. D’elle j’ai le souvenir vivant, puissant et fondateur.


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Commentaires

On est tous a la recherche du lien qui nous relie au passé pour savoir si on aurait pu changer quelques a notre parcourt de vie.Peut être on ne le saura certainement jamais,d'ou l'acceptation de notre passé,par contre le présent et l'avenir est en partie entre nos main...Je te souhaite un WE très heureux je t'embrasse.
Commentaire n°1 posté par jeannette le 16/11/2007 à 12h50
bonjour j attends la suite avec impatience ! bises !
Commentaire n°2 posté par richard le 23/11/2007 à 04h50
Bonjour, J'espère avoir la chance de te lire à nouveau. Amitiés.
Commentaire n°3 posté par Drinou le 27/04/2008 à 11h31

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